Le néolibéralisme

 
Le programme de L'ADQ et dans une moindre mesure celui-du parti libéral et du Parti Québécois (depuis Lucien Bouchard) reprennent des idées de l'économiste Milton Friedman. Celui-ci milita en faveur de la réduction de l'État et prônait la déréglementation et l'accroissement du rôle du secteur privé dans des sphères d'activités normalement dévolues à l'État.

""Vous les dirigeants politiques, vous devez savoir que vous êtes désormais sous le contrôle des marchés financiers"- M.Hans Tietmeyer président de l'une des plus influentes institutions financière de la planète, la Bundesbank, devant 2000 invités dont 350 ministres et premiers ministres.

Les politiques que les neolibéraux veulent mettre de l'avant ont été mises en œuvre — à des degrés divers — depuis plus de 20 ans par la plupart des gouvernements. C'était la réponse musclée à la crise de croissance du capitalisme dont les taux de croissance ont été coupés de plus de moitié à partir de 1975. Ce sont ces politiques que des politiciens fédéraux tel Stephen Harper et au Québec Jean Charest, Mario Dumont et André Boisclair veulent accélérer et durcir. Depuis 1980, elles ont causé des torts immenses, entre autre, par:  une diminution du salaire réel des travailleurs canadiens et québécois. cette réduction pour le Québec était de 18% entre 1975 et 1995 ; une précarisation du travail, coupes massives dans les programmes sociaux, augmentation de la pauvreté infantile.

Les politiques néolibérales touchent le plus souvent la sécurité d'emploi, le régime de soins universels, le système de garderie public, certains des règlements qui protègent la santé et la sécurité de la population, la démocratisation de l'éducation. Toutes des mesures qui ont bénéficié à la vaste majorité des québécois et québécoises, y compris à la majorité de la «classe moyenne». C'est précisément l'adoption de ces politiques qui a fait passer la «classe moyenne» de 60 à 44% de la population canadienne entre 1973 et 1996.

PRIVATISATION ?

Haper, Charest, Dumont, Boisclair veulent réduire la taille de l'État et sabrer dans les effectifs de la fonction publique, mousser la part du privé en santé (éventuellement en éducation) et impliquer «le secteur privé dans la gestion» des hôpitaux.

La théorie qui inspire ces propositions prétend que le secteur public est inefficace dans la fourniture de services comme la santé et l'éducation et qu'il vaut mieux confier ces activités au secteur privé. Elle ne date pas d'aujourd'hui et a été formulée par le philosophe et économiste écossais Adam Smith qui écrivait en 1776 que les gouvernements sont «toujours les plus grands dissipateurs de la société». Il y a rien de moderne là-dedans !

Récemment, nous avons eu l'occasion de vérifier l'efficacité du secteur privé. Les faillites d'entreprises américaines cotées en bourse ont battu tous les records ces derbnières années (2) . Cinq des dix plus importantes faillites de l'histoire ont eu lieu en 2002. De plus, nous avons assisté à l'une des plus grandes fraudes de l'histoire américaine impliquant le secteur privé, particulièrement dans les domaines de l'énergie et des communications, deux secteurs visés par la déréglementation. Au Canada, Nortel a congédié plus de 53 500 employés et son titre a perdu 98% de sa valeur en deux ans. Son président démissionnaire John Roth a flambé 30,5 milliards de dollars américains (plus de la moitié de la dette directe du gouvernement québécois) pour acquérir 18 entreprises qui ne valent plus qu'une fraction ridicule de leur valeur. De son côté BCE a revendu Téléglobe pour 155,3 millions de dollars, «à des années-lumière des 7,4 milliards de dollars» déboursés pour son achat. En rayant cet actif, BCE pourra récupérer 2 milliards de dollars en impôts, facture qui sera assumée par les contribuables. Et pourtant, Jean Charest et son ministre des finances d'hésite pas à déclarer: que sur le plan économique, ils sont clairement plus en faveur de la libre concurrence et du privé !

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