QUELS CHANGEMENTS ?
ACCÉLÉRER ET DURCIR LES VIEILLES POLITIQUES ? Les sens abusent souvent la raison par de fausses apparences.[ Blaise
Pascal ]
EN SANTÉ: L'ADDITION
SALÉE DU PRIVÉ
L'actuelle crise dans la santé a été
créer par un gouvernement du Parti Québécois, qui a coupé son budget de
façon drastique, forcé à la retraite des milliers d'infirmières et de
médecins et suprimé de près de la moitié les inscriptions dans les
facultés de médecine. C'est grâce crise provoquée de toutes pièces, que
les différents go
Pour
les néolibéraux notre système de santé coûte toujours trop cher. Or, le rapport Romanow constate que l'assurance-maladie absorbe 34% des recettes
fiscales des provinces en 2000-2001, contre 39% il y a 20 ans. Il vaut
la peine de souligner que le Québec est une des provinces qui consacre le
moins d'argent aux soins de santé, soit 2899 $ par tête d'habitant
contre 3435 $ en Ontario et 3660$ au Manitoba. L'écart est énorme!
Les problèmes de notre système de santé sont palpables. Le cardiologue
Hugh Scott, directeur du projet de nouvel hôpital universitaire
anglophone de Montréal, les résumait ainsi: «Imaginez le désastre si
l'on supprimait 20% des revenus d'Hydro-Québec en exigeant qu'elle
fournisse les mêmes services. C'est exactement ce qu'a fait le
gouvernement fédéral, avec les coupes brutales qu'il a effectuées dans
ses subsides aux provinces en 1994
(4)».
L'addition du privé, comme le démontre le coût des analyses de
laboratoire (HIV, formule sanguine, etc.), ne fera pas diminuer la
facture. Au contraire. Cinq provinces, dont l'Ontario, ont confié ces
analyses au secteur privé. Or, les Ontariens déboursaient 100 $ par tête
contre 70 $ au Québec où les analyses sont faites par le secteur public.
Pourtant, un sondage réalisé en 1998 révélait que 78% des Québécois sont
d'accord pour payer pour leurs analyses. Les campagnes qui dénigrent le
secteur public ont porté fruit.
Aux États-Unis, où le secteur privé domine, il en coûte 38,7% de plus
par tête d'habitant pour se faire soigner (5). Nos voisins du Sud
sont-ils pour autant mieux servis? La mortalité infantile y est plus
élevée de 30% qu'au Canada et l'espérance de vie y est plus courte. Par
ailleurs, la mortalité dans les hôpitaux privés est, d'après
l'évaluation la plus conservatrice, de 2% plus élevée que dans le
secteur public. Selon l'Organisation mondiale de la santé, les
États-Unis se classent au 37e rang pour ce qui est de la qualité des
soins de santé, entre le Costa-Rica et la Slovénie.
Pour toutes ces raisons l'addition du privé en santé sera salée et ne
fera rien pour améliorer le système. Non seulement les services
coûteront plus cher aux contribuables, mais le secteur privé pompera
dans sa direction les ressources qui oeuvrent présentement dans le
secteur public et les listes d'attente s'allongeront.
BAISSER LES
IMPÔTS ?
Évoquant la lourdeur de la fiscalité
canadienne qui
exercerait des effets dépressifs sur la croissance. Harper, Charest,
Boisclair et Dumont ont exprimés
vouloir baisser les impôts des Canadiens et/ou des Québécois À ce sujet
, la part des impôts au Japon atteint 27,8% du PIB,
contre 43,7% en France. Or, ces deux pays affichent les mêmes taux de
croissance au cours de la dernière décennie. Et c'est loin d'être
l'exception: les Australiens paient presque deux fois moins d'impôts que
les Hollandais et les Danois, mais tous ces pays affichent des taux de
croissance identiques (6).
Le Québec est de son coté devenu tout comme le Canada un véritable paradis fiscal pour les
entreprises avec un taux réel d'imposition de 5%, soit le taux le plus
bas en Amérique. C'est depuis 1972 que tous les gouvernements diminuent
les impôts des sociétés. Au fédéral le taux est passé de 50% en 1972
pour atteindre 21% en 2004 ! Il ne faut pas chercher loin pour savoir
pourquoi les particuliers sont surtaxés.
DÉRÉGLEMENTATION ET RELATIONS DE TRAVAIL
Les
partis neolibéraux parle abondamment d'alléger la réglementation. Mais, de quoi s'agit-il quand on parle
de déréglementation? Il s'agit de revoir, d'alléger, ou d'abolir certaines
des lois qui protègent la santé et la sécurité du public afin d'accroître
la compétitivité des entreprises. Un des exemples les plus insensés
d'allégement de la réglementation au Québec concerne la Commission de la
santé et de la sécurité au travail (CSST). Entre 1995 et 1998, le
gouvernement a fait passer le nombre de visites des inspecteurs de la CSST
de 48 424 à 12 783. Au cours de la même période, le nombre de décès
attribuables aux accidents de travail et aux maladies industrielles
passait de 147 à 208
(9).
En Grande-Bretagne la déréglementation et la privatisation de l'eau ont
produit des augmentations catastrophiques des prix. La déréglementation de
l'électricité en Ontario, en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis s'est
traduite par l'augmentation des prix et par de nombreuses interruptions de
services dans ces deux derniers pays.
Adaptation de textes
d'Alain Dubois, Pierre Mouderde et Jean-Claude St-Onge par Alain Dubois.
Textes publiés originalement sur le site NonADQ.com
SAVIEZ-VOUS QUE:
Advenant la ratification de la zone de
libre échange des Amériques les entreprises américaines et celles des
autres pays membres pourront venir concurrencer les sociétés d'État
québécoises qui auront été en totalité ou en partie privatisées:
services médicaux & de santé, casinos (Loto-Québec), SAAQ, Hydro-Québec,
eau, prisons, etc.
L'Ontario, suite à une révolte des
consommateurs, a renoncé à privatiser l'électricité, dont les prix ont
augmenté de 25% suite à la déréglementation de la distribution de
l'électricité (les Ontariens peuvent choisir leur fournisseur). Le
gouvernement craignait sans doute que les nouvelles augmentations
qu'auraient sûrement entraîné cette privatisation de 49% d'Hydro One lui
fasse perdre les prochaines élections. (source: La Presse, 21 janvier
2002)
Une enquête judiciaire a identifié que les
compressions au ministère de l'Environnement et la privatisation de
l'analyse de l'eau avaient été en partie responsables de l'épidémie
d'E.coli qui a fait sept morts et rendu 2300 autres personnes malades,
en mai 2000 à Walkerton, Ontario.
Ici
même au Québec, les quelques services privés de distrution de l'eau sont ceux que respecte le moins les contrôles en
vigueur.
Les dépenses des Américains dans la
santé qui est en bonne partie privatisée sont nettement plus élevées que
celles des Québécois. Les dépenses dans le secteur privé de la santé
représentent 7% du PIB au États-Unis alors qu'elles ne sont que de 3% au
Canada. Si on additionne les dépenses dans le secteur public et celles
du secteur privé on obtient un portrait beaucoup plus juste.
C'est-à-dire, des dépenses qui représentent 13.5% (6.5 + 7.0) du
PIB pour les États-Unis comparativement à 9.95% (6.95 + 3.5) pour le
Canada et encore moins pour le Québec, puisque les dépenses en santé y
sont inférieures à la moyenne canadienne. Pourtant nous sommes en
meilleure santé que les Américains, notre espérance de vie est plus
grande et notre taux de survie à un cancer est meilleur.
40 % de toutes les faillites personnelles aux États-Unis
sont attribuables aux factures médicales que les personnes ne peuvent
payer.
Aux États-Unis, les hôpitaux privés à but lucratif (la
majorité) consacrent 34% de leur budget en frais administratifs contre
22.9% pour les hôpitaux publics et une personne sur six n'a aucune
couverture médicale.
Les coûts défrayés par les employeurs pour les services
de santé sont de 2 à 2,8 fois plus élevés aux États-Unis qu'au Canada
Le ministre de la sante Philippe Couillard, alors qu'il
etait encore au Centre Hospitalier de Sherbrooke, mentionnait que 26% des familles américaines n'ont pu suivre un traitement à
cause du coût prohibitif des soins. Ainsi, les 10 médicaments les plus
populaires pour les personnes âgées aux États-Unis coûtent 86% de plus
qu'au Canada.
Entre 1975 et 1995 la mise en oeuvre
des mesures néolibérales s'est traduite par la chute du salaire réel des
travailleurs québécois de 18%. Pour la même période, le salaire des
chefs d'entreprises connaissait une hausse de 66% après impôt et de 19%
avant impôt!!
La pauvreté infantile est passée
de 15,8% en 1980 à 21% en 1996. Le nombre d'usagers des banques
alimentaires a lui doublé en 10 ans.
Entre
1945 et 1975 le taux de croissance de l'économie a été le plus élevé et
pourtant l'impôt fédéral sur les sociétés canadiennes s'élevait à 50%
alors qu'il représente aujourd'hui à peine 25%
Les pays occidentaux qui ont le plus
haut taux de syndicalisation sont ceux où non seulement les conditions de
travail sont les meilleures pour l'ensemble des travailleurs qu'ils soient
syndiqués ou pas mais que ce sont, en général, les pays qui offrent la
meilleure qualité de vie à leur population (États-Unis: 14,2% ; Canada:
37,4% ; Danemark: 80,1% ; Suède: 91,1%). La semaine de travail légale est
de +- 30 à 35 heures dans de nombreux pays européens et les semaines
légales de vacances sont en moyenne de 5 semaines ! Pour en savoir plus
sur ces statistiques de l'Organisation
Mondiale du Travail et consulter la
rubrique "Documents
(et statistiques)"
Stepphen Harper, Jean Charest tout comme Mario Dumont
et André Boisclair vante les mérites de la
privatisation (partenariat: privé & public) afin de diminuer la charge fiscale des citoyens du Québec.
Les États-Unis sont souvent cité comme modèle à suivre. S'il est vrai que
les citoyens américains paient moins d'impôt, il ne faudrait pas omettre
de mentionner que ceux-ci doivent payer 7.000 dollars et souvent bien
d'avantage pour une police d'assurance maladie
privée, que les droits de scolarité, les frais de garderie, les loyers et
les tarifs d'électricité sont considérablement plus élevés que chez nous.
Par ailleurs, les programmes de sécurité du revenu sont presque
symboliques. Pas étonnant que le taux d'épargne des
américains est un des plus bas des pays de l'OCDE, il était de +-0% en
1987 et de 2.3% en 2001 pour les États-Unis alors qu'il était de
3.2% en 1987 et de 4.6% en 2001 pour le Canada. (source:
Banque Royale du Canada)
Cette réalité sociale n'est pas
étrangère au fait que les États-Unis ont le plus haut taux d'incarcération de tous
les pays occidentaux 300/100.000 habitants alors qu'il est de 150/100.000
habitants au Canada. En Europe ce taux est en moyenne de +- 50/100.000
habitants. Le taux le plus élevé dans ce continent se retrouve
en Angleterre, le pays qui a le plus opté pour des politiques néolibérales
(Thatcher), il est de 80/100.000 habitants. Évidemment, les États-Unis ont
aussi les plus hauts taux d'homicide et de crimes de toutes sortes
(8)...
Vous remarquerez que les pays européens ont aussi comme le Canada des
taux d'imposition élevés souvent même plus élevés que chez nous..
Le but
du secteur privé contrairement au secteur public est de faire des
profits... Donc peu importe ce que disent Stephen Harper, Jean Charest
, Mario
Dumont et André Boisclair tout transfert au privé d'une sphère d'activité dévolue au
public coûtera nécessairement plus cher... Sauf, peut-être, si les
salaires sont coupés et ramenés aux salaires "minima".
Toute brèche ouvrant la porte à une privatisation, même partielle, des
services de santé et dans l'éducation ne manquera pas de s'agrandir au
fil des années... Voulez- vous parier là-dessus ?
(A) "Seule Jérôme-Forget s'inquiète L'eau bue au
Québec est de très bonne qualité, jugent les experts" -Le Québec et le
Canada, mardi 16 septembre 2003, p. A9
1- La Revue, 18 avril 2001, et Le Soleil, 1er
mai 1995.
2- La Presse, 31 décembre 2002.
3- La Presse, 16 novembre 2001.
4- La Presse, 23 janvier 2002. Toutes les informations contenues dans
cet article sont détaillées dans le livre De Jean-Claude St-Onge et
Pierre Mouterde "ADQ, voie sans issue" Un jeune parti, de vieilles
idées, publié au Éditions Écosociété
5-Les soins de santé au Canada 2002, L'Institut canadien d'information
sur la santé-Ibid., p. 29.
6- Why we don't Have to Choose between Social
Justice and Economic Growth: The Myth of the Equity/Efficiency Trade-off,
Conseil canadien de développement, www.ccsd.ca, section III, p. 3-4.
7- La Presse, 2 novembre 2001. D'après une étude du professeur
Léo-Paul Lauzon.
8-Centre canadien de la statistique
juridique, 1999 et Centre canadien des armes à feux,1998
9- André Noël,
La Presse, 26, 27, 28 juin 1999..
4- La Presse, 23 janvier 2002. Toutes les informations contenues dans
cet article sont détaillées dans le livre De Jean-Claude St-Onge et
Pierre Mouterde "ADQ, voie sans issue" Un jeune parti, de vieilles
idées, publié au Éditions Écosociété
5-Les soins de santé au Canada 2002, L'Institut canadien d'information
sur la santé-Ibid., p. 29.